• Nouvelle orthographe : pas de panique !Un petit article malgré une longue hibernation du blog pour évoquer le sujet tant à la mode du moment : l'application de la réforme de l'orthographe... qui date tout de même de 1990.

    Pas trop le temps de faire un pavé, mais ma copine de blog, Charivari, a tellement tout bien expliqué sur son propre blog que je vous renvoie vers son article si vous vous posez des questions sur cette réforme qui va tous nous conduire à parler SMS si on en écoute certains !

    Bonne lecture et bonne journée !

     

    Nouvelle orthographe : des explications sur le blog de Charivari !

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  • Temps de travail des enseignants, et si on annualisait ?

     

    Edit du 30/09/2014 : Petite précision car je vois de nombreux commentaires "précisant" que nous sommes payés 10 mois sur 12. C'est une légende URBAINE :  Nous sommes payés pour 12 mois travaillés ! Et d'ailleurs cette légende urbaine est très vicieuse car elle sous-entend qu'on ne travaille pas autant que dans les autres métiers, mais c'est faux, comme je viens de le démontrer, nous faisons annuellement et officiellement (puisque officieusement c'est bien plus), le même nombre d'heures qu'un temps complet dans un autre métier ! Donc heureusement que nous sommes bien payés pour 12 mois de travail ! Ce qui compte c'est le temps de travail annuel. Que ce temps de travail soit réalisé sur 12 mois, 10 mois ou 6 mois, c'est la même chose ! La seule différence va se trouver au niveau du nombre d'heures par semaine qui sera plus important si on ne travaille que sur 10 mois que si on travaillait sur 12 !

    Autre précision : Cet article n'est pas là pour nous faire plaindre, pour dire que nous sommes les seuls à faire des heures supplémentaires bénévolement (et malheureusement, c'est bien trop souvent le cas dans de nombreux métiers qui comptent sur notre conscience professionnelle ou la peur du licenciement). Il est seulement là pour essayer d'aider les gens à ne plus nous voir comme des fainéants. ^^

    Une fois n'est pas coutume, pas de dessin ou de partage de document ! Aujourd'hui, c'est une réflexion sur notre métier que je partage avec vous.

    J'en suis venue à ça, suite à la demande de mise en place d'une 1/2 journée de consultation sur les nouveaux programmes. Chez nous, c'est le mardi après-midi. Dans mon école, on termine à 15h30 avec les nouveaux rythmes et lorsque la question a été posée, on nous a fait comprendre qu'on n'allait pas chipoter pour 1h.

    Ajoutez à ceci, les réflexions que l'on prend à chaque fois qu'on parle de notre métier :

    - Oh ça va, vous êtes toujours en vacances/en grève (ça dépend des circonstances) !

    - T'es fatiguée ? Ça va quand même, t'es prof, y a pire !

    - Bon allez, la première année, t'as du boulot, mais après tu refais toujours la même chose...

    - Notre hiérarchie flique nos heures de réunions, on nous fait signer des fiches de présence quand on assiste aux animations pédagogiques.

    Bon, c'est vrai qu'on a beaucoup de vacances par rapport aux autres métiers puisque le tout cumulé, on arrive à 16 semaines (52 semaines - 36 semaines avec les enfants)...

    Et puis, je me suis mise à faire des calculs pour voir ce que je faisais réellement comme temps de travail :

    Après des recherches difficiles sur Internet, j'ai enfin trouvé un document (à destination de Professeurs stagiaires) où apparaissait notre nombre d'heures de travail ANNUEL : 1607 heures. Pour comparaison, quelqu'un qui travaille 35h par semaine travaille 1645 heures par an.

    Ce temps de travail est défini dans le Décret n°2000-815 du 25 août 2000. Ce document précise également que ce temps de travail de 1607 heures est réparti en 3 catégories :

    - Le temps d'enseignement (24 heures X 36 semaines = 864 heures),

    - le temps de service obligatoire (3 heures par semaine annualisées, soit 3 X 36 heures = 108 heures : nos réunions entre maitres, nos conseils d'école, nos Activités Pédagogiques Complémentaires, nos réunions avec les parents, nos animations pédagogiques du mercredi après-midi...)

    - et le temps de préparation ( 1607 heures annuelles - 864 heures de temps d'enseignement - 108 heures de service obligatoire = 635 heures dédiées à la préparation matérielle et écrite de la classe, aux formations choisies en dehors du temps de présence des élèves, documentation, recherche...).

    A partir de ce simple constat, on voit déjà que pour le grand public, quasiment la moitié de notre travail est invisible, c'est le travail de l'ombre. Combien de fois nous a-t-on rétorqué que notre métier était tranquille avec 24 heures par semaine ?

    Ensuite, j'ai ramené ces 1607 heures à nos 36 semaines avec les enfants : 1607/36 = 44 heures par semaine. Ceci veut dire que, si l'on ne fait STRICTEMENT RIEN concernant l'école pendant les vacances, il nous reste 44 heures à faire pendant les 36 semaines de classe.

    Voici, pour ma part, le calcul de mon temps de travail par semaine :

    Le lundi, j'arrive au plus tard à 8h30 à l'école (l'école ne commence qu'à 9 h). Étant à 30 km de chez moi, je reste à l'école entre 12h et 13h30. Je ne prends que 15 minutes pour manger, le plus souvent, je travaille en même temps. J'utilise ce temps pour corriger les cahiers, faire des photocopies, m'occuper de la direction, ranger la classe des activités du matin et préparer le matériel pour l'après-midi, enregistrer les livres de la bibliothèque... Il y a toujours quelque chose à faire. Le soir, je termine la classe à 16h30, mais le temps de ranger la classe/l'école, refaire quelques corrections, préparer ce dont je vais avoir besoin à la maison pour travailler (manuels, fichiers, cahiers...), je ne pars jamais avant 17h30. Je suis donc le lundi à 9 heures de travail minimum.

    Le mardi, le jeudi et le vendredi, c'est la même chose mais je termine à 15h30 avec les nouveaux rythmes. Toujours pour raisons de rangement, discussion avec des parents, préparation de documents à emporter à la maison, je ne pars pas avant 16h30, ce qui fait des journées de 8 heures.

    Le mercredi, j'arrive toujours à 8h30 et je ne repars pas avant 12h30 (parents en retard pour récupérer les enfants à 12h pile, ce n'est pas un reproche, un simple constat, rangement de l'école et préparation de ce que je dois emporter à la maison). Le mercredi je suis donc à 4 heures de travail.

    Petit point dans mon calcul, en temps de présence sur mon lieu de travail, l'école, j'en suis donc à 9 heures (le lundi) + 3 X 8 heures (les mardi, jeudi et vendredi) + 4 heures (le mercredi) = 37 heures par semaine. (et ce temps est un minimum, c'est bien souvent que je reste beaucoup plus tard à l'école)

    Lorsque nous sommes passés à la semaine de 4 jours, nous avons "perdu" 3 heures de travail devant les enfants. Bien entendu, si les enfants ne font plus ces 3 heures, nous, nous les faisons, ce sont les 108 heures annualisées. Dans ce cadre, le mardi après-midi de 15h30 à 16h30, je fais toute l'année 1 heure d'Activités Pédagogiques Complémentaires. J'en suis donc à 38 heures par semaine.

    Il me reste donc 6 heures par semaine pour préparer la classe. Le calcul est vite fait, ça me laisse 1 heure de travail par jour à faire à la maison (et donc 1 heure dans TOUT le weekend ! Mouahahahaha, je me marre).

    Donc, d'après ces simples calculs, voilà mes conclusions :

    - Je n'ai plus d'heures à consacrer : aux réunions avec les collègues, aux animations pédagogiques, aux conseils d'école, à la mairie, aux parents soit : 108 heures - 36 heures (le temps des Activités Pédagogiques Complémentaires que je fais 1 heure par semaine) : 72 heures.

    - Je ne devrais absolument JAMAIS travailler pendant mes 16 semaines de "congés", mon temps de travail annuel étant déjà effectué.

    - J'explose les 6 heures de préparation à la maison, il m'arrive très souvent de faire ces 6 heures rien que sur mon dimanche ! Et bien entendu, tous les soirs, en rentrant de l'école, je continue de travailler et régulièrement jusqu'à tard dans la soirée.

    Les deux derniers points sont les plus injustes puisque personne à part nos conjoints ne nous voit travailler quand nous sommes chez nous, et pourtant, ces heures sont bien celles qui sont les plus importantes !

    Je fais donc chaque année, de manière OFFICIELLE, 72 heures supplémentaires qui ne me sont pas payées, c'est en quelque sorte du bénévolat !

    Je fais donc chaque année, de manière OFFICIEUSE, un nombre incalculable d'heures supplémentaires à chaque fois que je prépare quelque chose pour l'école au-delà de 19h30, plus d'1 heure le dimanche, pendant les vacances scolaires.

    Depuis des années, nos dirigeants comptent sur notre conscience professionnelle et l'amour de notre métier (on dit que l'amour rend aveugle, la preuve... Dans quel autre métier accepte-t-on de faire gratuitement des dizaines et des dizaines d'heures supplémentaires ??).

    Et pourtant, on continue de nous fliquer toujours plus, de nous demander toujours plus d'heures comme si nous devions justifier notre salaire (qui finalement est bien en dessous de ce qu'on devrait nous verser) ! Nos salaires sont gelés depuis plusieurs années maintenant. Le grand public et les médias nous renvoient une image méprisante de notre profession. On nous fait sans cesse passer pour des fainéants, payés à ne rien faire, toujours en vacances ou en grève.

    On réduit notre travail à de l'animation voire à de la simple garderie.

    Notre métier nous l'aimons, c'est certain, et c'est peut être ça que nous envient finalement beaucoup de gens (bien plus que les vacances selon moi). Cela justifie-t-il le mépris que l'on nous porte ? Cela justifie-t-il qu'on nous en demande toujours plus pour toujours moins ? Je ne crois pas. J'espère que ce message que je partage avec vous fera peut-être revoir à certains leur vision de notre métier... Même si, après seulement 6 ans dans le métier, je n'ai déjà plus trop d'illusions de ce côté là...

     

     

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  • Aujourd'hui devait être un jour de joie pour des milliers d'enseignants et d'écoliers.

    Malheureusement il n'en sera rien, et c'est avec une profonde tristesse et beaucoup d'émotions que j'ai appris la terrible nouvelle, l'assassinat d'une collègue, dans sa classe, alors qu'elle assurait l'accueil matinal de ses élèves de Grande Section.

    Je m'associe à mes collègues de la Communauté des Profs Blogueurs pour lui rendre hommage.

    En ce jour, j'ai une pensée pour Fabienne Terral-Calmès, sa famille et ses collègues.

    Une pensée également pour ces enfants de GS qui ont assisté à cet acte horrible.

    Je suis triste, émue et profondément choquée.

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  • Je vous ai déjà parlé de mon collègue @j_cypher_c avec qui je me suis lancée dans le projet de la Twittclasse cette année et avec qui je bosse sur mes plans de travail ! Avant les vacances (les grandes vacances... fouyouyou !) il m'avait demandé si je pouvais lui dessiner un personnage pour le représenter : comme je l'ai converti à la tablette (si, si, inutile de nier) et qu'il est ultra méga fan de comics, je vous présente (roulement de tambours.........) : J_CYPHER_C !!!!!!!!

    Attention, ce dessin-là, il est réservé ! Pô le droit de l'utiliser sur internet !

    Petit dessin pour mon collègue j_cypher_c !

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  • Taguée... encore ! Mais bon, c'est les vacances !

    Je suis dans la zone A et donc, ça y est, je suis officiellement en vacances ! Ce qui veut dire que mon remplacement en CE1 est terminé (sniiiiiiiiiiiiiif, j'ai pleuré hier matin, hier soir devant toutes les petites attentions de mes loulous qui me manquent déjà, une des meilleures classes que j'ai eue !) Bref, je vais pouvoir dessiner encore plus et surtout, prendre le temps de répondre au tag de Séverine, Pepourlavie et Sanléane ! Vous ne vous rappelez pas, j'y avais déjà eu droit ici !

    Voici, voilà, un petit peu plus sur moi !

    1. Quelle matière préfères-tu enseigner?

    Alors, il faut savoir que le niveau que j'aime le plus, c'est le cycle 2, le CP et le CE1 et donc, j'adore enseigner le français, la lecture pour les CP et l'étude de la langue avec les CE1 (surtout depuis que j'utilise RSEEG !) et avec des cycles 3, je m'éclate à faire des sciences : les voir s'investir à fond dans les expérimentations, c'est génial (surtout quand c'est l'élève en difficulté qui trouve comment réaliser le circuit électrique pour que les lampes s'allument !)


    2. Si tu pouvais faire intervenir un auteur dans ta classe, lequel choisirais-tu?

    Je pense que je dirais Claude Ponti (même s'il parait que ce n'est pas un rigolo ^^) !

    3. Quelle est ta perle d'enfant préférée?

    Heu, j'en ai déjà eu un paquet, mais je vous renvoie à ces deux là que j'ai mises en dessin : une en séance de phono avec des GS et une en sortie scolaire !

    4. Quel commentaire sur ton travail t'a le plus énervée?

    C'était ma première année dans une classe, à chaque sortie qu'on avait faite, j'avais pris tout un tas de photos et à la fin de l'année, j'avais préparé pendant plusieurs heures un diaporama de toutes les photos avec musique et tout et tout. On a diffusé le diaporama le soir de la fête de l'école. Tout le monde était enchanté sauf une maman qui est venue me voir très en colère en disant qu'elle se demandait si je n'en voulais pas à son fils parce qu'elle ne l'avait pas beaucoup vu sur les photos, que c'était à se demander s'il était là...

    Elle m'a pourri la soirée, et quand j'ai regardé le diaporama son fils était présent, ce n'était pas le plus présent certes, mais contrairement à d'autres qui demandent tout le temps à être pris en photo, il fallait plutôt aller le chercher ! Bref, celle-la je l'ai eue vraiment en travers, depuis, et c'est dommage, je n'ai plus jamais fait de diaporama !

    5. Quel commentaire sur ton travail t'a fait le plus plaisir?

    Une maman qui suit de très près le travail fait en classe qui m'a dit que sa fille adorait le principe des plans de travail que j'avais mis en place (cf. chez la copine Lutin Bazar !) et aimait beaucoup ma façon d'enseigner parce qu'elle avait toujours l'impression de jouer

    6. Décris-nous un peu cet élève que tu n'oublieras jamais.

    Il n'y a que 5 ans que j'enseigne mais il y a déjà bien plus d'un élève que je n'oublierai jamais

    Mais bon, un qui m'a marquée, et pas dans le bon sens, c'est "être démoniaque", par ici !

    7. Quel projet t'occupe l'esprit en ce moment?

    Dessiner, dessiner, dessiner et encore dessiner ! Je me suis lancée dans un assez gros projet sur le conte (c'est parti d'un travail sur le portrait que je menais avec mes CE1, mais je compte bien développer tout ça !) et je me régale !

    8. Quelle pratique de classe te comble particulièrement?

    Le travail en groupe, par deux, ou quatre ! A terme, j'aimerais beaucoup me pencher sur le travail en ateliers. Pour ceux que ça intéresse, je vous conseille d'aller chez notre collègue Alet qui tient le blog "L'univers de ma classe", c'est une mine d'or pour ceux qui voudraient tenter l'aventure ! On la pousse à se tourner vers l'édition, mais elle est encore timide ^^

    9. Quel petit matériel te rend la vie simple en classe?Taguée... encore ! Mais bon, c'est les vacances !

    Les post-it parce que dans la sphère privée on m'appelle Dory (dans "Le monde de Némo") ! Sur mon pense-bête du frigo on a barré "bête" et à la place on a marqué "clowny" (mon surnom dans mon équipe de volley... ^^)

    Comme copinette Séverine, les stylos Frixion de Pilot qui s'effacent à l'infini ! Je suis ultra méga fan !

    Oh et puis, plus récemment, les aimants adhésifs ! J'en ai collé sur toutes mes étiquettes plastifiées parce que, c'est vraiment trop la classe, et 100000000 fois mieux que la patafix !

    10. Quel devrait être le premier point de la réforme selon toi? (tu as le droit de rêver!)

    Diminuer les effectifs dans les classes en recrutant beaucoup, beaucoup plus d'enseignants ! Dans le département où j'enseigne, nous avons parmi les meilleurs résultats scolaires au niveau national et pourtant nous étions à la semaine de 4 jours bien avant que Darcos l'instaure pour tout le monde (avec des vacances scolaires un tout petit peu plus courtes) ! Par contre, on doit avoir en moyenne 15 élèves par classe !

     

    A mon tour je vais taguer Luccia, et Lutine !

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  • Grève nationale le 12 février 2013 ! Nous ne serons pas les dindons de Peillon !

    Grève nationale le 12 février !

    Réforme des rythmes scolaires, respect du rythme de l'enfant, consensus des chrono-biologistes, allègement du temps scolaire... De bien jolis termes qui cachent une réalité bien décevante !

    Monsieur Peillon, les enseignants attendaient beaucoup de vous, de vos belles promesses quant à faire de l'Education Nationale LA priorité ! Après avoir été montrés du doigt, fustigés, traités de fainéants, de bons à rien (et plus récemment de corporatistes par le journal le Monde)... on pensait enfin qu'on allait nous écouter, lancer une vraie discussion impliquant toute la profession, pour faire de l'école un véritable lieu de diffusion du savoir, d'éveil au monde, de construction d'individus éveillés ! Après tout, c'est nous les premiers concernés, nous qui passons 26h avec les élèves (24h en classe entière + 2h en aide personnalisée), nous qui sommes les professionnels !

    Et pourtant, encore une fois, tout se fait dans notre dos, à la va vite, sans aucune concertation contrairement à ce que les médias et vos responsables communication tentent de faire croire ! Alors bien évidemment, on grogne, on râle, on s'exaspère, on mène des actions pour se faire entendre ! Et plutôt que de faire une pause pour prendre le temps de nous écouter, vous tentez de nous faire passer pour d'horribles dinosaures qui s'opposent au moindre changement, qui freinent des quatre fers dès qu'on propose la moindre évolution !

    Ouvrez les yeux, prenez le temps cinq minutes d'observer notre quotidien et vous verrez des enseignants qui s'impliquent dans leur métier pour monter de beaux projets pédagogiques, qui passent des heures à remplir des paperasses pour récupérer quelques euros à droite à gauche afin d'améliorer le quotidien dans leur classe, qui financent de leur poche du matériel (livres, manuels, stylos, ordinateurs, matériels d'arts plastiques, mobilier et j'en passe), venez faire un tour dans les écoles le mercredi ou le samedi ou le dimanche, pendant les vacances et vous croiserez toujours des enseignants venus travailler alors que tout le monde pense qu'ils se la coulent douce ! Quand on sort de nos écoles (bien souvent après 18h), notre journée n'est pas terminée pour autant ! Il y a toujours et encore du travail !

    Notre métier on l'aime, nos élèves on se bat pour eux, des fois on n'en dort pas pour eux ! Pour le petit Maxime qui est dyslexique et qui n'arrive pas à rentrer dans l'apprentissage de la lecture, pour la petite Elodie qui n'a pas la tête à l'école parce qu'à la maison c'est la crise ! Depuis des années, vous comptez sur notre passion pour notre métier pour nous en demander toujours plus en contre partie de toujours moins ! Notre point d'indice a été gelé, nous sommes les enseignants les moins bien payés de l'OCDE !

    Derrière vos belles paroles (qui ne sont belles que sur le papier puisque dans la réalité ce fameux allègement de la journée scolaire se traduira simplement par un allongement du temps de garderie - temps qui est tout sauf reposant, venez faire un tour dans les écoles pendant ces temps-là - à part dans les communes riches qui pourront se payer de réelles activités périscolaires...), se cache une volonté de remplacer notre "Ecole républicaine qui instruit dans un cadre national par une école qui serait à la fois l'école des territoires et du socle commun des compétences" ! Je ne veux pas dépendre, et même en partie, des collectivités territoriales ! L'Ecole doit rester nationale !

    Pour toutes ces raisons, Monsieur Peillon, le 12 février 2013, je serai en grève !

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    Voici le rapport dont on nous rebats les oreilles ces derniers jours : Rapport en pdf.

     

    Pour rappel, cette réflexion a été lancée parce que les journées de nos chers bambins étaient trop lourdes par rapport à celles de nos voisins européens et par ailleurs, les vacances d'été étaient trop longues.

    Bref tout ça ne respectait pas la CHRO-NO-BIO-LO-GIE !

     

    Voilà, le mot est lâché !

     

    Sur le principe, j'avoue que je suis assez d'accord sur le fait que le rythme des journées d'école est souvent très lourd pour les enfants. 6h par jour à raison de 3h le matin et 3h l'après-midi, quand on a moins de 10 ans, ça fait beaucoup ! Si l'on ajoute à cela le temps de garderie le matin, le repas à la cantine le midi, le soutien pour certains et la garderie le soir, de trop nombreux enfants passent près de 10h par jour à l'école (sans compter le temps des devoirs à la maison) ! La plupart des adultes ne passent pas autant de temps au travail, disons-le franchement !

     

    Alors oui, vraiment, lancer une réflexion sur ces fameux rythmes scolaires, c'était tout de même une bonne idée !

     

    Sauf que voilà, après avoir lu le rapport remis par le comité de pilotage à notre ministre, j'ai vraiment du mal à saisir la logique proposée...

     

    Suivant les propositions du rapport, les points importants sont les suivants :

     

    - Les vacances d'été passeraient de 8 à 6 semaines (avec un zonage pour ne pas trop mécontenter le lobby touristique, bien sûr !)

    - Les vacances devraient se succéder à un rythme de 7/2 c'est à dire 2 semaines toutes les 7 semaines travaillées (pour le coup, c'est déjà ce qui se fait actuellement) avec un rallongement des vacancesde Toussaint mais un éventuel passage de 15 à 10 jours aux vacances de Pâques pour généraliser le pont de l'Ascension)

    - Le retour à la semaine de 4 jours 1/2, tout en laissant la liberté à chaque département de rétablir la 1/2 journée supplémentaire le mercredi ou le samedi matin.

    - Et enfin, pour les enfants du primaire, des journées de 5h de cours maximum ! Attention, c'est là que c'est le plus beau ! Je cite le rapport : "Une journée moins lourde mais pas nécessairement moins longue" ! Ah ben ça, ils font bien de le préciser parce que.. Ce qui est préconisé dans le rapport c'est que les enfants du primaire soient TOUS à l'école de 8h30 le matin jusqu'à 17h l'après-midi ! Le matin, cours de 8h30 à 12h30 (une pause repas d'1h30, sans travail scolaire venant grignoter ce temps), l'après-midi, de 14h à 15h, encore du temps de cours, et de 15h à 17h, 2h d'accompagnement éducatif !

    Là, ça devient le flou artistique complet : on ne sait pas vraiment qui devra s'occuper de ces deux heures (enseignants ? communes ? autres ?) ! Là pas de travail (enfin ça dépend pour qui), mais des activités sportives ou culturelles, ou encore, du soutien scolaire et de l'aide aux devoirs ! Et plus aucun travail en rentrant à la maison le soir !

     

    Alors, passons aux maths :

     

    Actuellement, l'année d'un écolier se compose de 36 semaines de cours. A raison de 24h par semaine (4x6h), cela fait un total de 36x24h = 864h.

    La proposition du comité de pilotage est de passer de 36 à 38 semaines, de 4 jours à 4 jours 1/2. Ce qui nous amène à des semaines de 23h de cours (4x5h + 3h le mercredi ou le samedi matin) 38 fois dans l'année soit : 23h x 38 semaines = 874h ! Si on enlève les 10h récupérées en rallongeant les vacances de Toussaint de 2 jours (2x5h), on retombe bien sur le même nombre d'heures qu'actuellement, soit 864h !

     

    Bien, bien, ok, ça a l'air un peu mieux réparti ! Mais, maintenant, il faut ajouter les 2h "d'accompagnement scolaire" qui sont, je vous le rappelle, OBLIGATOIRES, soit 8h de plus par semaine et ce, sur 38 semaines, soit : 304h supplémentaires !

    C'est sur ce temps-là que devrait se faire l'aide personnalisée (je suppose que c'est les enseignants qui continueront de l'assurer), mais alors quid des enfants ne relevant pas de l'aide personnalisée ? Des activités sportives et culturelles ? Mais qui les assurera si les enseignants sont pris par l'aide personnalisée ? Et les élèves participant à cette aide auraient donc moins d'activités sportives et culturelles ?

     

    Les enfants auront donc des semaines encore plus longues, dont les journées commenceraient plus tôt (dans mon département, la plupart des enfants commencent les cours à 9h) avec moins de vacances.

    Et pour les enfants ayant en plus de l'école des activités périscolaires ? (musique, théâtre, sport, orthophoniste, etc.)

     

    Je suis donc réellement très perplexe quant aux effets positifs de ces propositions...

     

    Et du côté enseignant, là encore, ça reste très complexe...

    Actuellement, un enseignant passe 24h devant les élèves par semaine. Soit 24h x 36 semaines = 864h. A cela, il faut ajouter 108h dans l'année pour compenser les 3 heures de la demi-journée qui avait été supprimée.

    Sur ces 108h, 50h sont consacrées à l'aide personnalisée, 10h au temps de préparation et aux rencontres avec les parents et 48h aux conseils de maîtres, de cycles, d'école et d'animations pédagogiques (le soir ou le mercredi).

    Donc, 27h par semaine ! (En réalité, et pour ma part, j'arrive à l'école à 8h30 et je ne repars que très rarement avant 18h, ce qui fait 9h30, soit 38h, temps auquel il faut ajouter le travail à la maison le soir, le mercredi et le weekend... Mais ceci est encore un autre débat...)

     

    Avec les nouvelles propostions du comité de pilotage, cela donnerait :

     

    - De 8h30 à 17h (en enlevant la pause d'1h30 le midi, mais pour ma part et je suis loin d'être la seule, je continue de travailler pendant ma pause), ça nous fait 7h par jour soit 7h x 4jours + 3h sur la 1/2 journée = 31h, soit déjà 4h de plus que le temps "officiel" actuel. Temps auquel il faut encore ajouter les heures de préparation, les rencontres avec les parents, les réunions de maîtres, de cycles, de conseils d'école...

    Cela signifierait-il que les enseignants seraient augmentés en conséquence ? (et ça ne serait pas l'histoire de quelques euros...) J'ai du mal à y croire !

     

    J'ai beau retourner ça dans tous les sens, je ne vois vraiment pas comment ce serait réalisable... Et j'ai de gros doutes sur le réel respect du rythme chronobiologique des enfants... Ce sujet est donc à suivre de très près... !

     

    PS : Malgré les apparences, je suis bien en vacances ^^ Je souhaite à tous les enseignants, PES, nouveaux titulaires du concours et candidats de bonnes vacances bien méritées ! 

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    Ce doit être la mode en ce moment des reportages sur les enseignants car en l'espace d'une semaine, j'ai reçu trois messages ! Je vous les fais partager car je ne souhaite pas vraiment me voir dans le petit écran !

     

    Alors, si vous êtes intéressés, laissez un commentaire, je ferai passer aux personnes qui m'ont contactée !

     

    M6 :

    Je suis journaliste pour l'émission "C'est ma vie!" diffusée le samedi sur M6. Je prépare actuellement un reportage sur le métier d'enseignant. Dans ce cadre, je souhaiterais suivre un futur professeur, ou un professeur débutant lors de ses premiers pas à la rentrée prochaine (en tant que remplaçant ou stagiaire). Je me permets de vous contacter pour solliciter votre aide: je suppose que des étudiants qui préparent les concours consultent votre blog pour avoir des informations, se rassurer sur leur futur métier. Pouvez-vous m'aider dans mes recherches, en publiant, par exemple, un appel à témoins sur votre blog?
    J'espère que mon projet vous intéressera.
    Je reste à votre écoute et me tiens à votre disposition pour tout complément d'information.
    Cordialement,
    Sabrina Seddiki

     

    France 2 :

    Je recherche une jeune instit pour une émission
    Avez vous un numéro de téléphone sur lequel vous joindre ? Je recherche pour une nouvelle émission sur FRANCE 2 une jeune instit comme vous en plateau.

     

    Gulli :

    Bonjour,
    Nous recherchons, pour un documentaire sur les amours enfantines, des histoires d’amour entre des enfants de 5 à 12 ans. Le sujet couvre différentes situations : couple « installé » depuis quelques mois voire quelques années, gros chagrin d’amour, séparation ou au contraire retrouvailles pendant les vacances d’été (colonie de vacances), amour à distance, amour fusionnel, amour inconditionnel de fan (pour un chanteur, un acteur, un sportif), amour et handicap, profil de séducteur/séductrice, profil de « guide des amours » dans son quartier, ou tout simplement un enfant affable sur la question sans forcément avoir d’histoire lui-même…
    Comment appréhendent-ils ces histoires ? Quels sont leurs mots, leurs gestes ? Ce sont les enfants qui nous raconteront leur relation, leurs sentiments, ce que cette histoire change pour eux, leurs questionnements. Nous suivrons l’évolution de ces relations sur 5/6 mois.
    Le documentaire sera diffusé sur la chaîne Gulli en avril 2012.
    http://www.youtube.com/watch?v=1msIoAZ9YBk&feature=related

    Si vous êtes intéressé, contactez-moi, ou laissez-moi vos coordonnées : nvanbatten@gmail.com ou 06 37 50 25 53
    A bientôt
    Nathalie

     

    Voilà, le message est passé !

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  • ministresuite.jpg

     

    J'ai récemment failli avoir un accident de voiture en entendant la dernière campagne de "pub" du gouvernement à la radio...

     

    "L'Education Nationale recrute 17000 enseignants !"

     

    Waaaaah, on nous aurait menti ? On ne supprime plus de postes ? Champagne ? Que nenni !

     

    C'est ce qu'on appelle un mensonge par omission ça, il me semble ! A la rentrée prochaine, il y a 34000 départs à la retraite ! Comme prévu, le gouvernement ne remplacera qu'un seul départ sur deux, soit 17000 postes !

     

    Alors oui, l'EN recrute 17000 enseignants mais... en même temps elle en perd 34000 !

     

    Une simple soustraction, 34000-17000 = 34000, nous amène à la conclusion suivante : l'Education Nationale supprime 17000 postes !

     

    Ah bah oui, forcément, ça passerait moins bien à la radio ! Aaaah nos gouvernants ! Ils n'ont pas très bien travaillé en GS, mais ils se sont rattrapés sur les cours de comm'...

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    J'ai appris, il n'y a pas très longtemps, que dans mon département, notre inspection avait plutôt mal fait ses calculs...

    Pour faire simple, nos hauts fonctionnaires ont mal géré les départs à la retraite, ce qui fait qu'à la rentrée, il n'y aura pas assez d'enseignants pour pourvoir tous les postes !

     

    C'est là que le jeu des chaises musicales va commencer ! Les remplaçants brigades vont devoir combler ces postes en question, mais du coup, il n'y aura plus assez de brigades pour remplacer les longues maladies ou les congés maternité.

     

    Que nenni ! Les remplaçants ZIL s'en chargeront ! Oui, mais alors, qui va faire le travail des ZIL ?

     

    Aux dernières nouvelles, ce devrait être des vacataires (comprenez, des étudiants par exemple) ! Bien entendu, ça signifie que l'on va mettre dans les classes des personnes sans aucune formation. Alors, certes, on apprend beaucoup sur le tas (faute d'une réelle formation), mais tout de même...

     

    Si tout cela se confirme, je les soupçonnerais presque d'avoir fait exprès dans les bureaux de l'inspection ! Déjà, d'un point de vue financier, la paye d'un titulaire remplaçant n'est certainement pas la même que celle du petit vacataire !

    De là à ce qu'ils ferment encore plus de postes l'an prochain en se servant de cette excuse, il n'y a qu'un pas...

     

    Bon c'est pas tout, mais je vais aller faire le plein de vitamines et de gelée royale ! C'est pas le moment de tomber malade !

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  • Ma-maitresse-copie-2.jpg

    Ah ben voilà quelque chose de fantastique ! Alors que la grogne monte à cause du manque de remplaçants dans les établissements scolaires, notre gouvernement, et surtout notre ministre de l'Education, Luc Chatel, nous propose LA solution miracle !

    Fini les heures de cours perdues par votre enfant à cause de l'absence d'un de ses enseignants. Il sera pris en charge au choix par un étudiant ou par un "jeune" retraité !
    Alors que nous réclamons depuis longtemps une meilleure formation, plus adaptée aux réalités du terrain, quelle est la réponse du gouvernement ? Envoyer des étudiants sans formation directement dans une classe. Sur quels critères seront choisis ces étudiants ? Comment seront-ils rémunérés ? Les parents accepteront-ils de confier leur enfant à quelqu'un n'ayant aucune qualification ? Aucune formation ?
    De la main d'oeuvre bon marché.. Après tout, on n'arrête pas de parler de la précarité des étudiants ! En voilà une bonne idée, on fait d'une pierre deux coups !

    Bon, rassurons-nous, si ce n'est pas un étudiant qui prend en charge la classe de votre enfant, ce sera un enseignant "jeune" retraité ! Là, on ne peut rien dire au niveau de la compétence, votre enfant sera en de bonnes mains ! Et puis là aussi, on fera d'une pierre deux coups ! Ne nous montre-t-on pas en ce moment tous ces retraités qui ont du mal à finir le mois ? En voilà une bonne façon de joindre les deux bouts !

    Non parce que franchement, accepter d'augmenter le recrutement des enseignants, ça ne sert à rien ! Après tout, ce n'est pas comme si la France avait un taux de chômage de près de 10%...
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  • Le 14 juillet organisé par notre très cher Sarko 1er a coûté cher, il fallait impressioner les copains dirigeants des autres pays, normal ! Du coup, il faut bien se serrer la ceinture à côté, puisqu'on ne peut pas dire que nos caisses soient pleines (les poches de nos dirigeants par contre...)

    Heureusement que notre cher Ministre est là pour proposer de nouvelles saignées dans l'Education Nationale ! Que de générosité de sa part ! La nouvelle idée c'est d'avoir des enseignants mieux for-més... Du coup, on va maintenant demander aux candidats non plus une "simple" licence, mais un master 2, soit l'équivalent d'un bac+5.

    Ah ben ça c'est une bonne nouvelle, nous qui voulions plus de formation, nous voilà servis ! Sauf que dans sa brillante idée, notre Ministre n'a pas pris la peine de donner des détails et plonge dans le doute et la crainte tous les candidats au concours pour l'année prochaine : la plupart ne détient qu'une licence, en cas d'échec, devront-ils s'inscrire en master ? Et puis quel master ? Un master recherche ou un master professionnel ? Un master spécialement créé pour l'occasion ou n'importe quel master ? Et que va valoir leur master en cas d'échec au concours ?
    Je ne parle pas de ceux qui en sont à leur Xième tentative pour obtenir le concours... Comment trouver en plus la motivation pour se replonger dans les études ?

    Bien entendu, l'objectif principal d'une telle mesure n'est absolument pas de revaloriser le salaire des enseignants du premier degré. Tout au plus, leur salaire de départ sera un peu plus élevé que le notre, sauf qu'ils auront deux années d'études en plus dans les pattes : un salaire de misère pour un niveau bac+5. Autre ombre au tableau, actuellement, les professeurs stagiaires (PE2) sont rémunérés pendant leur année de formation. Dans le cadre de cette réforme, il n'y a tout bonnement plus de formation telle qu'on l'entend aujourd'hui. Les candidats au concours devront s'inscrire en master 1 (reste encore le problème de savoir de quel master il s'agit...) et leur admission en master 2 serait conditionnée à l'obtention du concours nouvelle formule. Ce master 2 ne devrait pas être rémunéré, ça va faire un paquet d'économies !

    La grosse question qui se pose est de savoir à quoi correspondra cette formation en master 2 ? Que vont devenir les IUFM ? Seront-ils chargés d'assurer ces masters ou seront-ils tout simplement supprimés ?
    De plus, on ne trouve pas des universités à tous les coins de rues. Cela va obliger de nombreux candidats à déménager pour se rapprocher d'une université, ce qui implique donc de trouver un logement et financer de sa poche deux années d'études supplémentaires... Se dirigerait-on vers une sélection par l'argent ? Il ne s'agit pas ici de simplement décrocher un diplôme mais de réussir un concours, ce qui signifie un nombre de places limité (et de plus en plus limité qui plus est) ! Cela exige beaucoup de travail. Cumuler un emploi est bien loin de simplifier les choses pour les candidats qui n'ont pas la chance d'avoir des parents ayant les moyens de soutenir toutes ces dépenses (et il s'agit là à mon avis de la grande majorité..).

    Nous demandions plus de formation, mais plus de formation concrète, de vraies billes pour rentrer dans le métier et le gouvernement nous propose un allongement des études universitaires, ce qui, à priori, signifie encore plus de théorie et encore moins de pratique.

    Je continue de penser que l'objectif principal du gouvernement est la suppression pure et simple du service public : en montant l'opinion publique contre les fonctionnaires. Il nous mène dans l'impasse par des suppressions de postes, une formation inadaptée, des classes de plus en plus chargées pour pouvoir par la suite nous octroyer la responsabilité de l'échec de nos élèves.

    Je souhaite alors bon courage à tous les candidats au concours 2009 qui risque bien de devenir la dernière chance de devenir prof  "simplement" (si je puis me permettre) avant cette réforme aussi intentionnellement floue que possible...

    Affaire à suivre !
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  • couvprogprimaire-1_24241.gif

    Ah l'Education Nationale ! C'est toute une poésie vous ne trouvez-pas ? Déjà l'an dernier, ils nous ont fait le coup de nous sortir de nouveaux programmes juste avant le CRPE et de nous coller un sujet de Français portant sur ces nouveaux programmes ! Il fallait le faire !

    Eh bien voilà, même pas un an après l'entrée en vigueur de ces fameux nouveaux programmes, voilà qu'on nous colle un nouveau projet ! Fallait y penser non? A croire que c'est vraiment des bons à rien ceux qui étaient en poste à l'époque pour qu'il faille tout reprendre ENCORE une fois !

    Mais bon, là, promis juré, on se recentre sur les FON-DA-MEN-TAUX : lire et compter ! On enlève 2h hebdomadaires, on rajoute une heure de sport, ça va bien réduire tout ce qui est ouverture culturelle tout ça... Enfin après tout, l'Ecole est-elle toujours là pour offrir une culture, développer un esprit critique et former des citoyens, c'est à se le demander !
    Le rêve de notre gouvernement est de former de bons petits moutons qui apprennent sagement leurs leçons, font sagement leurs exercices. S'ils sont trop en difficulté, pas de soucis, on pourra toujours leur coller des heures de soutien ! Au moins, ça fera des adultes obéissants et en plus, ça les prépare à travailler plus pour gagner plus !

    Quoi de plus beau et de plus citoyen qu'une classe au garde-à-vous, chantant à tue-tête la Marseillaise sous les couleurs de notre drapeau Bleu Blanc Rouge, citant une petite morale par-ci, une petite morale par-là. Sûre que ces enfants là n'auront jamais l'idée de brûler des voitures ou de vendre de la drogue !

    Mettons de côté toutes les avancées de la recherche pédagogique. Vraiment, tous ces chercheurs, on se demande à quoi ils servent non ? C'était tellement mieux il y a 50 ans ! Tous nos bambins savaient lire et compter sans calculatrice. Ils ne faisaient jamais de fautes d'orthographe.

    Ces nouveaux programmes reculent à tous les niveaux, tous nos formateurs les décrient ! A croire qu'ils ont décidé de prendre l'exact contre-pied de la recherche. En anglais on systématise l'écrit, en Géographie et en Histoire on se recentre sur la France, on nous impose une "histoire de l'art" ( ah ben oui, c'est sacrément fondamental ça ! )...
    En Français, rien de tel qu'un peu de passé et de futur antérieur pour remotiver toute une classe qui a déjà du mal avec l'imparfait ! C'est vrai que ces deux temps sont fondamentaux ! Quoi ? Vous ne les employez jamais? Diantre ! Heureusement que la nouvelle génération est là pour combler ces lacunes !

    Et comme l'a si bien dit notre cher empereur Sarkoléon 1er : "Dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le pasteur ou le curé... parce qu’il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d’un engagement porté par l’espérance "

    Quelle belle déclaration ! Bon c'est sûr que si on se réfère à une des principales valeurs de notre République, j'ai nommé : la laïcité, ça fait bizarre d'entendre ça dans la bouche de notre président ! Mais de sa part, ce n'est pas tellement une surprise !

    En plus c'est totalement faux ce qu'il nous dit là ! Il parle "d'un engagement porté par l'espérance" ! Moi personnellement si je fais ce métier, c'est justement parce que j'ai l'espoir de pouvoir changer les choses à mon petit niveau en formant des enfants à avoir envie d'apprendre, à être curieux de tout, etc. Si c'est pas un engagement porté par l'espoir ça, je me fais bonne soeur dès demain !

    A quand les curés intervenants extérieurs pour des séances de morale dans nos classes ?

    Enfin, tout de même, étant donné que nous sommes en Démocratie ( oui, oui, il parait ! ), notre cher gouvernement prend le soin de nous demander notre avis sur ce projet de programmes ! Quelle délicatesse de leur part !
    Alors du coup, nous nous réunissons mercredi après-midi : comme nous sommes à la semaine de 4 jours, ce mercredi est chez nous un jour de récupération, c'est à dire que les enfant ont cours toute la journée. Du coup, il nous faut prévenir les parents, les personnels de cantine, le transport scolaire. Ca fait pas mal de boulot déjà ! Et là, la FCPE ( association de parents d'élèves ) se plaint qu'une journée de cours des enfants soit sucrée pour cette fameuse consultation !

    Heureusement qu'il y en a qui réfléchissent un peu... Eh oui, ça aurait été une demi-journée de perdue pour tous nos élèves ! Du coup, panique dans le paquebot de l'Education Nationale et hop, la journée de classe du mercredi est rétablie dans sa totalité, nous nous réunirons plutôt un samedi matin : le 22 ou le 29 ! Et comment on fait pour prévenir tous ceux qu'on a déjà informé qu'il n'y aurait pas école le mercredi après-midi ?

    Alors après, on va me dire que je ne fais que râler et que c'est déjà bien qu'on nous demande notre avis. Mais quand même, pourquoi refaire aussi vite de nouveaux programmes alors qu'on n'a pas encore pu faire de bilan sur ceux qu'on utilise depuis septembre ? Je ne vois pas comment ils espèrent nous faire croire qu'ils ont fait du bon boulot en bouclant le projet en si peu de temps... Et puis qui nous dit qu'on va nous écouter ?
    C'est bien connu, en politique, les avis consultatifs sont consultatifs (oui c'est une figure de style qui s'appelle un pléonasme, c'est fait exprès pour bien montrer que notre avis ne va contraindre en rien le gouvernement à changer quoi que ce soit...) !

    Ils sont déjà critiqués de toutes parts ces programmes et je n'ai pas l'impression que ça soit arrivé à leurs oreilles là haut !

    Mais comme disait Coluche: "La dictature c'est 'ferme ta gueule' et la démocratie c'est 'cause toujours' !"
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  • espritcritique.jpg

    Hier en parcourant le blog de Profenzep et notamment cet article-là, mais aussi celui-là, j'ai dû pas mal réfléchir sur ce blog que je débute à peine, hésitant à écrire un article sur ce fameux devoir de réserve qui avait coûté si cher à certains...

    Et ce matin, en allant faire un tour du côté de la terrasse de Mirabelle et Victor, quelle n'est pas ma surprise en découvrant qu'ils discutent, je vous le donne en mille... du devoir de réserve et de la liberté ! En écoutant (discrètement bien sûr ^^) leur conversation du jour, je découvre avec effroi que Mirabelle est très inquiète et qu'elle songe même à arrêter ses discussions avec Victor ! C'est vrai que d'un côté, je comprends ses craintes et je les partage un peu d'ailleurs. Ce métier, même si on débute (moi encore plus qu'elle), on l'aime de tout notre coeur, on a ça dans la peau, on s'est battu pour l'avoir (cf. Le concours !!!!) et on découvre qu'à cause des opinions que l'on exprime sur nos blogs respectifs, on pourrait un jour être inquiétées comme ce fut le cas récemment de Garfield et de BlogProf...
    Il y a de quoi se remettre sérieusement en question, non ?

    Bien entendu, j'étais au courant du devoir de réserve. Un enseignant ne doit pas faire part de ses opinions, de ses croyances à ses élèves (ou à leurs parents) de manière à ne pas les influencer (ce qui, pour le coup, est totalement justifié je trouve !). Soit, dans l'enceinte de l'école, je suis fonctionnaire, enseignante, j'appliquerai mon devoir de réserve à la lettre. Cependant, quand je quitte l'école le soir, que je passe la grille de l'école, je ne suis plus une fonctionnaire, je redeviens une citoyenne lambda qui a ses propres opinions, ses croyances, ses coups de gueule et mon devoir de réserve n'a plus lieu d'être, étant remplacé par ma liberté d'expression ! ( d'ailleurs, est-ce qu'on a fait une réflexion à Mr le Président Nicolas Sarkozy quand, à l'époque où il était encore ministre, il avait été filmé par John-Paul Lepers pour Canal+, en train de faire un signe de croix blink.gif ... Est-ce qu'on lui a jeté le principe de laïcité à la figure ? )

    La devise du Canard Enchaîné est la suivante : "La liberté de la presse ne s'use que  quand on ne s'en sert pas." Je pense qu'il en est de même pour la liberté d'expression !
    Je refuse de devenir une fonctionnaire docile et qui dirait amen à tout. Je suis avant tout une citoyenne et je considère que tant que je respecte l'anonymat des personnes que je cotoie et le devoir de réserve qui m'incombe dans le cadre de ma fonction, je n'ai pas à être inquiétée !
    Quand je pense à toutes ces interrogations et ces craintes que je partage avec d'autres enseignants bloggeurs, j'en viens vraiment à me demander si nous sommes toujours en Démocratie... L'utilisation de la peur et de la menace pour museler les gens et empêcher toute critique, je pensais que c'était l'apanage des dictatures...

    En attendant, même si cela peut paraître complètement illusoire, je vais adopter la même tactique que Profenzep :

    Tout ce blog n'est qu'une oeuvre de fiction, les personnages et les situations de ce blog étant purement fictifs, toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ne saurait être que fortuite !

    Je ne m'apprête pas à faire ma rentrée en PE2, non, non !  En fait, je suis... écrivain amateur (non, non je ne suis pas pompiste moi ^^), j'invente des taaaaaas de choses et cette Mysticlolly, je l'ai inventée de A à Z, juste pour donner un peu plus de cohérence à toute cette fiction !

    Alors, bonne lecture ! happy.gif  
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    Je le disais dans l'article précédent, je suis arrivée au CP en sachant déjà lire. J'avais appris grâce à mes parents avec la méthode du  "Béééé et Aaaaaa, ça fait? BAaaaa !".
    Comme tout le monde, j'avais entendu parler du fameux débat opposant méthode globale et méthode syllabique. J'avais été choquée d'apprendre que des profs inconscients tentaient de faire apprendre la lecture avec des images plutôt qu'avec des mots ! Pas étonnant que le niveau en orthographe se détériore autant ! Il fallait interdire une telle méthode et revenir à la bonne vieille méthode syllabique qui avait fait ses preuves pour moi !

    C'est convaincue de tout cela que je suis entrée en PE1 (première année d'IUFM, année de préparation du concours de professeur des écoles). Lorsqu'en français nous abordons l'apprentissage de la lecture, à ma grande surprise, ce fameux débat qui m'avait enflammée est tourné en dérision... Et pour cause, ce qu'on ne nous a jamais dit à la télé (on s'en est bien caché !), c'est que cela fait belle lurette que les enseignants ont laissé tombé la méthode globale...

    Clarifions certaines choses. Lire, ça correspond à quoi exactement ?
    Pour être un lecteur, il faut être capable de déchiffrer les mots mais aussi de donner du sens à ce qu'on lit !
    L'avantage de la méthode syllabique est qu'elle permet d'apprendre à déchiffrer n'importe quel mot (même un mot jamais rencontré). Mais déchiffrer ne signifie pas comprendre ! C'est ce qu'a voulu apporter la méthode globale : l'accès au sens. Malheureusement, elle l'a fait au détriment du déchiffrage ! Or l'un ne doit pas aller sans l'autre.

    Et ça, les chercheurs et les enseignants l'ont bien compris. C'est pour cela qu'aujourd'hui, on pratique une méthode dite "mixte". Les enfants apprennent à déchiffrer et à comprendre ce qu'ils déchiffrent.
    Au moment où Gilles de Robien avait lancé sa bombe sur la méthode globale, il avait demandé à l'Inspection Générale de l'Education Nationale de faire un rapport sur les pratiques effectives dans les classes.
    Ce rapport est venu confirmer ce que les enseignants et les chercheurs clamaient pour se défendre : la méthode globale avait bel et bien été abandonnée, on n'avait pas attendu que Mr Gilles de Robien se réveille !
    J'ai pu le constater par moi-même au cours des différents stages que j'ai effectués pendant ma PE1...

    De nombreux livres ont fleuri sur le sujet, tels que "Journal d'une institutrice clandestine" de Rachel Boutonnet, renforçant ces idées reçues...
    Pourtant, les chiffres sont criants. D'après l'enquête de l'Agence Nationale de Lutte contre l'Illettrisme (basée sur celle de l'INSEE conduite en 2004-2005), sur 3 100 000 personnes illettrées en France, plus de la moitié, soit  plus d'un million et demi, est âgée de plus de 45 ans ! Autrement dit, les générations ayant "bénéficié" de la fameuse méthode syllabique !

    La question que je me pose alors est la suivante : pourquoi cette indignation médiatique de notre ex-ministre ?
    En faisant cela, il a semé le doute dans l'esprit des gens (moi la première j'ai été révoltée) et a monté l'opinion contre ces profs "incompétents" ou "inconscients" (voire les deux, c'est au choix !), contre l'école, cette "fabrique du crétin" !

    lire.jpg Ca me rappelle la stratégie du "diviser pour mieux régner". Dans une société où le libéralisme et la libre concurrence sont rois, une école publique et une liberté pédagogique, ça dérange... Seulement, engager la privatisation de l'éducation est un chantier difficile, l'école publique étant un des symboles de notre République. Il faut donc patiemment mettre dans la tête des gens que les profs sont "incompétents", "fainéants", que l'école est responsable de l'échec scolaire, de la "baisse du niveau" pour faire avaler plus facilement la pilule de l'école privée...
    J'espère vraiment être parano, je ne demande pas mieux. En attendant, restons vigilants et informons nous !

    Pour ceux qui voudraient en savoir un peu plus sur ce fameux débat, je vous conseille le livre de Roland Goigoux (exclu de la formation des inspecteurs de l'éducation nationale suite à la parution de ce livre) et Sylvie Cèbe "Apprendre à lire à l'école : Tout ce qu'il faut savoir pour accompagner l'enfant".
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    © Cyril Delacour, tous droits réservés

    Pour beaucoup de personnes, je pense que la première réponse qui vient à l'esprit, c'est "apprendre à lire, écrire et compter". Dans les programmes, c'est d'ailleurs les trois objectifs principaux. Et pourtant...

    Pourtant, je n'ai pas appris à lire à l'école, mais chez moi avec mes parents. Je ne suis pas la seule dans ce cas. Un certain nombre de parents se chargent eux-mêmes d'enseigner la lecture, l'écriture et le calcul à leurs enfants... et ils s'en sortent très bien ! Bien entendu, au nom de l'égalité des chances, il est essentiel que ces disciplines soient enseignées à l'école. Ne vous méprenez pas, je ne souhaite pas remettre en question les programmes. Loin de moi cette idée ! Je veux simplement partir de ce constat pour élargir sur le rôle de l'école et de l'enseignant.

    Ma réflexion, ce soir, porte donc davantage sur ce que l'école devrait apporter à nos enfants, au-delà des simples connaissances et compétences définies par nos institutions. Plus particulièrement, comment je vois mon "futur" métier d'enseignante.

    A mes yeux, l'enfance est l'âge de l'insouciance, de l'émerveillement, de l'enthousiasme, de la curiosité, des rires. On teste ses limites, celles des adultes, on apprend à vivre ensemble. On se rend compte, petit à petit, que tout le monde n'a pas toujours les mêmes opinions que nous, qu'on n'a pas tous les mêmes croyances, ni parfois les mêmes modes de vie.

    L'école représente une véritable rupture avec le cocon familial. D'après une enquête de l'OCDE, seulement 45% des élèves estimeraient se sentir bien en classe... C'est très peu !
    Peut être parce qu'aujourd'hui, on attend de nos enfants qu'ils nous ramènent de bonnes notes, on espère que l'instit de notre chère tête blonde va nous faire des compliments sur ses résultats scolaires. L'échec est très mal vu et les enfants qui en sont victimes le ressentent bien... De plus en plus jeunes, ils sont jugés, évalués, mis en compétition. Les flâneries ne sont pas tolérées, les rêveurs se font tirer les oreilles.
    Un élève très manuel ne sera jamais autant estimé qu'un élève très doué en maths. Il n'y a qu'à voir comment sont considérées les filières professionnelles, destinées à "ceux qui ne s'en sortent pas à l'école"...
    C'est triste je trouve... Un jeune avocat sera bien plus félicité qu'un jeune plombier, pourtant on risque d'avoir bien plus souvent besoin d'un bon plombier que d'un avocat ! (quoi que, quand on regarde la tendance procédurière de notre société...)

    Tout ça pour dire que je souhaiterais que se développe dans ma classe la coopération plutôt que la compétition, j'ai envie que mes élèves soient bien en classe, qu'ils se sentent libres de rire, qu'ils aient plaisir à apprendre, découvrir, expérimenter. Une classe où l'erreur est la base de l'apprentissage, où personne n'est bête parce qu'il a posé une question, où l'intellectuel et le manuel ont autant à apprendre l'un de l'autre, où les talents de chacun sont appréciés sur un pied d'égalité (même si, malheureusement, ce n'est pas le cas dans la "vie réelle"...).
    Si cela peut en rassurer certains, je ne suis pas naïve au point de penser que tous les enfants sont de petits anges délicieux, sages et obéissants. Je rencontrerai autant de personnalités différentes que j'aurai d'élèves, j'en suis bien consciente, mais ça sera mon boulot de m'adapter à chacun d'entre eux.

    Ces derniers temps, dans les discours, on remet en cause le fait que l'école doive contribuer à l'épanouissement des enfants. Eh bien je trouve que, justement, au nom de l'égalité des chances, une des valeurs fondamentales de notre République, l'école devrait être un lieu d'épanouissement, un lieu où les enfants ne sont pas jugés mais acceptés tels qu'ils sont et où ils peuvent vivre pleinement leur enfance...
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    La dernière lubie du gouvernement est le service minimum dans les services publics. Le service minimum? Kézako?
    Il s'agit de maintenir un service "minimum" (ben oui ça porte bien son nom ^^) en cas de grève, afin de ne pas pénaliser les usagers. Dans les transports, par exemple, il s'agit de faire en sorte qu'il y ait des trains et des bus, surtout aux heures de pointes (début et fin de journée), pour permettre aux gens de se rendre sur leur lieu de travail.

    L'intention est louable, les personnes ne pouvant aller travailler à cause des grèves dans les transports, pouvant se trouver dans des situations très délicates selon les employeurs. Cependant, dans notre pays, une grève qui ne gène pas, ou très peu, a très peu de chances de voir ses revendications aboutir. Rappelons qu'un jour de grève n'est pas payé (ce qui en soit est normal). Seulement, si l'employeur n'est pas trop lésé par cette grève, grâce notamment au service minimum mis en place, il n'aura qu'à laisser pourrir la situation, comptant sur la nécessité des grévistes d'avoir un minimum d'argent à la fin du mois pour payer leurs factures !

    La grève étant un rapport de force entre employés et employeur, le service minimum risque, à mon avis, de sérieusement déséquilibrer ce rapport de force ! Bien entendu, l'idée d'un service minimum est largement réfutée par les employés concernés (même si cela se fait déjà : on fait appel à ce qu'on appelle la réserve, notamment lors des grèves dans le RER). Du coup pour obtenir le soutien de la population, comment faire? Eh bien, tout simplement de la même façon que pendant les dernières présidentielles : on monte les gens les uns contre les autres. Ici on monte les usagers contre les employés des transports : ces vilains planqués de fonctionnaires, gavés de privilèges et qui sont toujours en grève, se fichant complètement de tous les travailleurs ne pouvant se rendre sur leur lieu de travail !

    Et ça marche, la jalousie des uns face aux privilèges des autres est terrifiante. Plutôt que de se dire, "ils ont des avantages, tant mieux pour eux!", les gens préfèrent se dire "Je n'ai pas d'avantages moi, pourquoi ils en auraient , eux !"

    Récemment, notre premier ministre François Fillon, par excès de zèle sans doute, a annoncé la mise en place de ce service minimum dans l'Education Nationale !

    Suite à cette annonce, il s'est fait sèchement remettre à sa place par notre cher Sarko 1er, je cite (dixit le Canard Enchaîné) : "Parler du service minimum dans l'Education Nationale au moment où il en est question dans les transports, ce n'est pas intelligent. Cela risque d'exciter les syndicats. Si je prends soin de ne pas trop mettre de choses sur la balance en même temps, ce n'est pas pour que le Premier ministre fasse le contraire."

    Enfin François ! Un minimum de logique ! Si tu énerves trop de monde en même temps avec tes mesures, on va finir par perdre l'adhésion de la population ! Non, non, non, chaque chose en son temps ! On s'occupe d'abord des transports. Une fois que l'affaire est en place et digérée, on passe aux autres...

    Mais le service minimum à l'école, c'est quoi au juste ?
    Le travail d'un enseignant, tout le monde sera d'accord (j'ose espérer), c'est d'enseigner (ben oui !).
    Le problème qui se pose pour un certain nombre de parents en cas de grève, c'est celui de faire garder les enfants. Tout le monde n'a pas quelqu'un sous la main, tout le monde n'a pas un patron qui accepte de voir ses employés ramener leurs chères têtes blondes au travail (ne serait-ce parfois que pour des raisons de sécurité), tout le monde n'a pas des jours de congés à poser à chaque jour de grève (ou n'en a tout simplement pas envie, je le comprends !).
    Mais le service minimum d'un enseignant c'est quoi? Selon moi, ce n'est pas de la garderie !
    Alors, que les mairies mettent en place une garderie, en cas de grève à l'école, d'accord (encore faut-il qu'elles en aient les moyens matériels et financiers), mais que les enseignants (et lesquels? Les grévistes? Les non-grévistes qui ont déjà leur classe à gérer?)  fassent de la garderie, je dis non ! (même si, au fond de moi, je ne pourrais pas ne pas dépanner des parents en galère en gardant leurs enfants... Conscience quand tu nous tiens...)

    Je suis, pour ma part, contre le principe de service minimum, que ce soit dans les transports ou dans l'éducation nationale, voire dans tout autre domaine, car je pense qu'il risque de remettre sérieusement en question l'intérêt du droit de grève...

    Ce service minimum, c'est un peu l'arbre pour cacher la forêt : à la SNCF par exemple, 90% des retards ne sont pas dus à des mouvements sociaux mais à des suicides, des bousculades, des problèmes techniques, etc. La diminution du nombre d'agents entraîne la suppression de certains trains et la vétusté du parc entraîne de nombreux problèmes techniques. Et pour le coup, les vrais responsables, ce ne sont pas les grévistes, mais bel et bien l'état (tant que la SNCF sera un service public du moins)!

    Dans l'Education Nationale, on annonce la suppression de près de 17 000 postes d'ici 2008 mais un nombre d'élèves en constante augmentation (70 000 à 80 000 écoliers supplémentaires d'ici 2008 (cf. Les prévisions ministérielles !). On déplore les incivilités et l'augmentation de la violence à l'école, on déplore le niveau des élèves et le taux d'échec scolaire alors que nos moyens se réduisent comme peau de chagrin !

    Alors oui, je pense que le service minimum ne fait que détourner l'attention de l'opinion des vrais problèmes !
    J'attends donc avec une certaine impatience de voir les propositions de service minimum à l'école...
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    1 commentaire
  • SARKO.gif

    "Travailler plus pour gagner plus", il fallait être exhilé au Tadjikistan pendant les 8 derniers mois pour ne pas en avoir entendu parler !
    Sans parler de l'hypocrisie d'un tel slogan pour tous ceux qui n'ont pas de travail (et qui feraient tout pour en avoir un, si, si, je vous jure, les chômeurs veulent travailler, ce ne sont pas tous des fainéants, profiteurs du système !), qu'est-ce que cela implique dans le monde de l'Education Nationale?

    En école primaire, un enseignant est tenu d'effectuer 26h de cours par semaine. Ceci implique, bien entendu, 26h par semaine pour nos bambins. Afin de continuer à respecter le rythme des enfants, il ne me semble pas concevable d'augmenter ce nombre d'heures de cours.
    Qu'est-ce qu'on nous propose? Des heures supplémentaires utilisées pour que des heures d'études dirigées soient proposées aux enfants après la classe jusqu'à 18h. D'accord, ça peut profiter aux enfants qui ne peuvent pas travailler chez eux, qui n'ont personne pour les aider et cela permet aux enseignants volontaires d'arrondir leurs fins de mois. Mais tout de même, si l'on considère que la journée de cours de ces enfants débute à 8h30, cela leur fait une journée de travail de pratiquement 10h !! Les plus âgés n'ont pas plus de 11-12 ans et les plus jeunes 6-7 ans ! Je ne parle même pas de ceux qui sont déposés dès 7h30 à la garderie de l'école (je ne fais ici aucun reproche aux parents laissant leurs enfants en garderie, je peux tout à fait le comprendre)...

    A côté de ce "travailler plus pour gagner plus", on nous informe que décidément, dans notre pays, il y a bien trop de fonctionnaires et que cela nous coûte bien trop cher ! C'est sûr qu'il va en falloir de l'argent pour financer le bouclier fiscal à 50%, les 5 ans d'indemnités des députés non réélus, l'exonération des droits de succession...
    Que faire? Tout simplement ne pas remplacer 1 fonctionnaire sur 2 partant à la retraite, ce qui revient à supprimer entre 10 000 et 17 000 postes d'enseignants en 2008 !

    Pourtant, le nombre d'élèves dans les classes ne diminue pas lui ! Alors quelles seront les conséquences inévitables de ces suppressions de postes? Des classes surchargées (comme si elles ne l'étaient pas déjà assez), des fermetures de classes (voire d'écoles dans certaines zones rurales) et de ce fait, un enseignement de moins bonne qualité (il n'y a pas de miracle, on est forcément moins efficace avec 35 gamins qu'avec 20 !) !

    Espérons que les réactions seront suffisamment importantes pour éviter ce "dégraissage du mamouth" qui pénalisera, au final et bien malheureusement, les enfants...
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